De chaque côté de l'Atlantique, deux hommes d'un charisme reconnu, occupent, avec détermination, le sommet de l'actualité mondiale, aux côtés d'évènements sans lesquels ils perdraient cette
omniprésence médiatique; à savoir la crise diplomatique européenne, consécutive à l'affrontement armé entre la Géorgie et le Russie, et la crise économique mondiale, issue, elle, d'un nombre de
facteurs incalculables mais dont le point de ralliement étant l'utilisation abusive d'un capitalisme dérèglementé.
On connaît, à ces deux politiciens que sont Barack Obama et Nicolas Sarkozy, une admiration réciproque et affichée. Leur parcours respectif de ces derniers mois, axé sur la réussite et une
popularité retrouvée, devrait tendre à les rapprocher d'avantage.
En effet, Barack Obama, actuellement candidat démocrate à la Maison Blanche, semble avoir définitivement mis son rival, le conservateur John McCain, à une distance suffisante pour que toute
tentative de ce dernier, dans l'optique de combler son retard, soit vaine.
Cela résulte, en grande partie, d'une simple coïncidence de calendrier. En d'autres termes, le moment choisit par Wall Street pour implosé, provocant une gigantesque débâcle financière dans le
pays de l'oncle Sam, s'avère être d'une antériorité infime aux trois débats télévisés opposant les deux candidats, et donc finalement à l'élection présidentielle (qui aura lieu, rappelons le, le
04 novembre prochain). Et c'est bien ici que le sénateur de l'Illinois a fait la différence auprès de l'électorat américain. Face à cette crise, toute rivalité politique a temporairement été
abandonné, afin de faire position commune dans les deux camps, et d'adopter un plan de sauvetage de l'économie. Mais la pratique fut tout autre. Obama s'est montré d'un calme présidentiel,
rassurant et convaincant face à la situation, multipliant les discours et les interventions qui, dans la forme, entretenaient un lien , synonyme d'une fortune désastreuse mais commune entre la
classe dirigeante du pays et le peuple.
John McCain, qui a toujours su ameuter les foules avec autant de réussite que son rival, en prononçant des discours d'un patriotisme inquiétant, semblait complètement dépassé par les évènements,
d'une fébrilité incontrôlée, et d'une connaissance assez passable du système économique de son pays. Alors oui, John McCain a toujours avoué que l'économie était le domaine dans lequel il
connaissait le plus de lacunes, et qu'il était en train d'y remédier. Mais à quelques semaines du scrutin, des lacunes qui pouvaient être pardonnées auparavant, ne le sont plus du tout. Et pour
ne rien arranger, le candidat est victime de son parti, car, c'est majoritairement à la politique républicaine menée pendant huit ans par l'administration Bush , qu'on prête la source du krach
boursier.
Cette crise était donc l'opportunité parfaite, pour les électeurs, de mesurer les capacités réelles de chacun des deux candidats, et à ce petit jeu, le démocrate en est sortit vainqueur.
Bien sûr, ce n'est pas le seul facteurs de décision pour le vote, mais, entre les débats télévisés dans lesquels aucun des deux candidats n'a dominé, Sarah Palin, la colistière fanatique et
hystérique de McCain, qui multiplie les interventions finissants sur les sites de partage vidéo, et de nouveaux sondages annonçant chaque jours Obama fort d'une avance irrécupérable, le camp
républicain semble être en fâcheuse posture.
De son côté, le chef de l'Etat français peut lui aussi se satisfaire d'un bilan honorable.
Après une première année désastreuse à la tête de l'hexagone, Nicolas Sarkozy a pris pour six mois la présidence tournante de l'Union Européenne le 01 juin dernier. Les mois qui ont précédé sa
prise de fonction ont été des plus difficiles dans le domaine géopolitique européen, mais le président français, ainsi que son administration, ont géré les différentes situations d'une façon
remarquable.
Tout d'abord en août dernier, lors de l'affrontement entre géorgiens et russes dans la province séparatiste d'Ossétie du Nord. Dans son rôle de dirigeant principal de l'Union Européenne, Sarkozy
a tenu un rôle de médiateur important entre les deux camps, mettant fin au conflit armé, puis faisant signer de part et d'autres des accords tendant à améliorer la situation civile. Il est a noté
que, malgré cela, l'Union Européenne a montré ses limites, étant incapable de se fédérer et d'adopter des décisions communes (notamment sur les sanctions à infliger au Kremlin), et de défendre,
le droit des peuples à disposer d'eux même ainsi que l'intégrité territoriale d'un Etat européen (les russes ayant envahit les provinces séparatistes géorgiennes et reconnu leur indépendance, et
ce, sans référendum ni accord international préalable). Mais c'est un autre débat, et Nicolas Sarkozy a remplit sa tâche, malgré le chaos diplomatique qui régnait autour de lui.
Ensuite, il fallut, pour l'ancien maire de Neuilly, faire face à la crise financière qui, par les politiques libérales en vigueur depuis les années 1980 et donc la libre circulation des capitaux
à travers le monde, avait atteint le vieux continent.
Dans ce contexte, l'Union Européenne, conserva ses vieilles habitudes, et demeura dans l'état individualiste de la crise militaire du mois d'août, laissant notamment couler l'économie Islandaise,
heureusement sauvé par un prêt de quatre milliards d'euros adressé par la Russie. Malgré de nombreuses réunion, dont plusieurs du G8, initiées par Nicolas Sarkozy et Gordon Brown, la politique du
chacun pour soit, principalement prônée par l'Allemagne, reste dominante.
Sarkozy a donc traversé l'Atlantique, accompagné du président de la commission européenne, pour retrouver Georges W. Bush à Camp David (résidence de vacances du président américain), et essayer
d'adopter un plan de sauvetage commun.
Une fois encore, l'actuel président de l'Union Européenne a été à la hauteur de sa fonction. C'est à se demander si, étant donné ses compétences en politique internationale, il est réellement à
son poste de prédilection, à la tête d'un pays qui ne compte que des préoccupations d'ordre national.
Barack Obama et Nicolas Sarkozy, deux hommes au paradoxe étonnant; se trouvant dans un environnement en crise (financière pour le premier, financière et diplomatique pour le second), mais qui arrivent à tirer de la situation une victoire personnelle, semblant être maître de la situation, ou du moins, les personnes les plus aptes à y faire face.
Pour Matthieu et ceux
qui veulent...
Très bon dossier du Monde, qui nous offre l'intégralité du premier débat télévisé entre Barack Obama et John McCain, les deux principaux candidats à la présidentielle
américaine, daté du 26 septembre dernier, l'image (avec une doublure française) et le texte à l'appui.